Le cerveau humain … le grand absent de la réforme scolaire

Conflits, Oppositions, Contradictions ne se résolvent jamais au niveau de leur(s) origine(s)!

Nous assistons à un déploiement impressionnant de lois, de directives, de réductions de finances pour l’enseignement, de réduction du nombre d’enseignants, de jours et d’heures d’enseignement et de « littérature » à ces sujets, …
Et ce, pour que bien lui fasse …, lui, c’est l’élève petit(e) et grand(e).

Certes, plus qu’un État investit des finances bien ciblés dans les diverses structures de l’enseignement mieux se portera l’école et surtout les élèves. Plus que le nombre d’élèves en une classe ne dépassera pas le chiffre de 25, à tous les niveaux scolaires, mieux se porteront les enseignants, les élèves et leurs parents.

Là, malheureusement, notre pays fait, par comparaison, piètre figure ! Et je ne nous compare pas qu’à la Finlande. En plus, les réformes pédagogiques se perdent dans des « combats » entre « anciens et modernes », entre écoles publiques et écoles privées voire entre ministres exerçants et ex-ministres, … Comme si les cerveaux de nos élèves en tiraient profits.

Au contraire, leur cerveau reste le grand délaissé de ces « hauts » débats.

Apprendre et fonctionnement du cerveau humain

Les recherches sur le fonctionnement du cerveau humain montrent des résultats qui devraient faire réfléchir plus d’un quant à son « savoir » pédagogique.
Prenons par exemple l’idée du ministre de l’Éducation de discerner des médailles or, argent, bronze selon les résultats obtenus au baccalauréat. Elle a soulevé de vifs débats et chacun allant de son opinions.
Et si l’on jetait un regard sur un des milliers de résultats des recherches mentionnées ? Il nous dit clairement que lorsqu’un individu d’un groupe est félicité et mis en modèle par rapport aux autres du groupe, tous les cerveaux de ceux-ci montrent une perte de performance et d’auto-estimation…

Un autre exemple, apparemment fort banal : Un élève peine à écrire, il écrit mal, confond des caractères. Il tiendra son crayon à obtenir des crampes, le presse à presque crever la feuille, tord sa main, hausse son épaule droite (droitier), … Dans le cerveau de cet enfant, « écrire » semble être « bloqué ». Cet enfant aura entre autres la difficulté de passer couramment d’un caractère dont le premier trait part vers la gauche (d, c, e, f, …) à un autre dont le trait part vers la droite (b, m, n, r,…). Autrement dit, son cerveau n’a pas assez intégré la distinction immédiate (donc sans réfléchir, chercher, corriger) de la dimension gauche de celle de droite lorsqu’il est fortement sollicité (stress). Et, bien écrire le sollicite fortement. Cette difficulté est largement répandue chez les jeunes comme chez les adultes et cause d’innombrables problèmes dans la vie quotidienne d’une personne. D’où vient cette difficulté ?
Il est fort à parier que cet enfant n’a pas assez pu « ramper à quatre pattes » puis « avancer à quatre pattes » lors de sa petite enfance. Ou pas assez fréquemment. Les chercheurs ont établit le chiffre de 40’000 mouvements effectués afin que le cerveau intègre profondément cette distinction entre gauche et droite. Alors vouloir faire apprendre à un enfant à bien écrire sans qu’il ait cette faculté de distinguer, vaut à construire une maison sans fondement ! Et ce manque aura aussi une grande influence sur la capacité d’apprendre à lire, à calculer, à réagir, etc.
N’oublions pas que notre cerveau est le résultat d’une évolution de la vie de 450 à 600 millions d’années. Ainsi, certaines qualités et facultés du cerveau des poissons, des amphibies, des reptiles, des premiers mammifères, des singes, des hommes préhistoriques agissent en notre cerveau humain moderne (Attention : Le schéma de l’évolution est simplifié). A chaque étape de l’évolution correspondent des mouvements et des comportements spécifiques. A partir de la conception d’un être humain ces mouvements et comportements doivent pouvoir s’exercer et s’intégrer : rouler, ramper [comme une amphibie] donc découvrir ; ramper à quatre pattes [comme un lézard p.ex.] donc agir, réagir; avancer à quatre pattes [comme sanglier p.ex.] donc contrôle ; grimper/gambader, se lever [comme un singe p.ex.] donc intégrer la dimension vers le haut ;communiquer par la voix [comme le développèrent les hommes préhistoriques], coopérer [homme moderne]). Et curieusement, tous les nouveau-nés de cette terre cherchent à faire les mouvements qui correspondent à ces étapes de l’évolution du cerveau humain.

Jouons

Avant de faire apprendre aux enfants (qui deviendront des adultes) les acquis de nos civilisations telles que lire et écrire (facultés que le cerveau n’a pas intégrées [encore] lors de son évolution), il s’agit de leur permettre de pouvoir intégrer ces mouvements et comportements. Car ils formeront les bases de leurs facultés physiques, psychiques et mentales. Une fois profondément ancrés dans leur cerveau, ils leur permettront d’agir et de réagir de manière adaptée dans toutes les situations de leur vie et ainsi, de garder plus facilement leur équilibre physique, psychique, émotionnel, sociale.
Un facteur d’intégration phénoménale s’appelle : JOUER.
Jouer sans intentions de résultats utilitaires ! Car seuls les mouvements physiques, mouvements énergétiques, mouvements émotionnels, mouvements mentaux, …bref, jouer au plus profond sens du terme, développe le cerveau.
Un manque d’intégration de ces mouvements et comportements cause inévitablement des problèmes pour leur équilibre (physique, psychique, émotionnel, sociale) lorsque leur système physique, psychique, etc. est sollicité de manière intense (situations où les enfants doivent p.ex. agir très vite [répondre vite à une question de l’enseignant], gérer plusieurs choses à la fois [dictée : écouter, écrire, orthographe,…], prouver leurs compétences [test, exposé], etc.). Cependant, ils peuvent être à tout moment réintégrés grâce à un entraînement spécifique !

Résoudre un conflit c‘est … d’en sortir grâce à ses deux pôles

Donc, permettons enfin ou de nouveau aux enfants d’intégrer ce que la nature à travers le cerveau offre de bases pour gérer l’apprentissage. Cessons d’ignorer ou même de pervertir le fonctionnement du plus bel instrument qu’est le cerveau. Cessons de mettre la charrue avant les bœufs. Une réforme scolaire digne de ce nom doit respecter ce fonctionnement du cerveau. Il y a aujourd’hui des milliers de publications utiles à ce sujet.
Comme je l’ai dit : Conflits, Oppositions, Contradictions ne se résolvent jamais au niveau de leur(s) origine(s)! Mais : Résoudre un conflit c‘est … d’en sortir grâce à ses deux pôles. Pour arriver, par exemple, aux lois du cerveau humain et à leur application pédagogique (ce qui est de notre devoir) au plus grand bien et profit des enfants, des ados qui seront bientôt des adultes.