L’émotionnalisation

L’Éducation et le cerveau partie une et deux

Un cerveau libéré – compétences fortes

Voici quelques réflexions au sujet de l’éducation scolaire.

Pour la première partie dite « des bases sine qua non », je resterai schématique, bien que les points mentionnés ne soient pas ou médiocrement appliqués. Ces « bases sine qua non » forment le volet politique qui influe sur la pédagogie scolaire.

La deuxième partie parlera de «concepts et des procédés ». Ceux-ci forment le volet pédagogique qui influe fortement sur l’apprentissage de chaque élève. Ces concepts et procédés sont en France pour ainsi dire inexistants, bien qu’ils soient appliqués dans beaucoup de pays ou de régions, tels que l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, le Nord de l’Italie, la Hongrie, la Corée du Sud, …

Ils reposent sur une application pédagogique de résultats des recherches sur le fonctionnement du cerveau humain. Ils ont comme buts de donner ou de rendre aux enfants, aux ados, aux étudiants de tout âge les facultés nécessaires à un mode d’apprentissage, de comportement et de vision de la vie qui facilite le succès scolaire et personnel.

Ces concepts et procédés ne s’adresse finalement pas seulement aux élèves et étudiants. Mes expériences en tant que parent d’élèves, comme professeur (38 ans) et comme thérapeute en Pédagogie Appliquée (7 ans) m’ont montré que les enseignants aussi sont de plus en plus surchargés, souvent en difficulté voire désespérés. Malheureusement, il semble qu’ils forment le groupe le plus réticent à l’égard de nouvelles formes de concepts modernes scolaires.Ou ne seraient-ils que « retenu » par une hiérarchie trop figée …?

Première Partie : Bases sine qua non

Une éducation scolaire ouvrant des perspectives professionnelles et personnelles doit reposer sur des bases sine qua non que sont :

  • a) des enseignants très bien formés
  • b) des enseignants bien payés
  • c) des classes ne dépassant pas le nombre de 25 élèves, dans les zones difficiles pas plus de 15 élèves ou moins sinnécessaire
  • d) des infrastructures donnant envie d’enseigner, d’apprendre, de travailler
  • e) une administration intra- et extrascolaire simplifiée, ayant des structures transparentes, univoques et qui donne aux établissements une grande liberté de s’organiser
  • f) un concept scolaire qui en plus de l’enseignement des matières s’engage à pratiquer de manière importante et vivifiante le sport non compétitif, la musique, le chant, l’apprentissage sociale, …

Un rapport prof – élève/ élève – prof/ prof – prof/ élève – élève répondant aux trois codes suivants :

  • • Droits des Hommes
  • • Droits de l’Enfant

… ainsi qu’un code pédagogique

  • 1. Chaque être humain est unique
  • 2. Chaque être humain est curieux
  • 3. Chaque être humain est vigoureux
  • 4. Chaque être humain est un être plein d’émotions
  • 5. Chaque être humain cherche plaisir et jeu
  • 6. Chaque être humain a besoin de son espace
  • 7. Chaque être humain a le droit d’exister pleinement

Deuxième partie : Pédagogie moderne – Concepts et procédés – le cerveau

Une éducation scolaire donnant aux élèves et étudiants la chance de réussir doit intégrer ce que les conditions d’aujourd’hui exigent et ce que les résultats modernes des recherches sur le fonctionnement de notre cerveau mettent en lumière.
L' »enfan »t oublié de l’éducation scolaire, c’est-à-dire la Pédagogie moderne, doit retrouver ses droits. Car cette Pédagogie moderne respecte le cerveau.

Je donne un banal exemple. Un élève est faible en orthographe. Il répète constamment les mêmes fautes. En général l’enseignant, les parents l’aideront en insistant de bien étudier la faute et d’écrire cent fois le mot corrigé. A « étudier » la faute ne fera que renforcer les neurones retenant la faute, en plus devoir écrire le mot correct cent fois anéantira les neurotransmetteurs favorisant l’apprentissage. Faire une faute ne doit que signaler que le cerveau de cet enfant doit s’occuper positivement avec le mot correctement écrit. Par exemple avec la méthode dite « mots éclaires ». Ce concept de ne pas perdre de temps à étudier la faute, mais la bonne forme, la bonne façon, le bon procédé apporte à tous les niveaux de la communication et de l’apprentissage des résultats mil fois meilleurs !*

Avant d’approfondir ce deuxième point, il faut d’abord mettre en évidence quelques réalités qui freinent de manière parfois massive le succès scolaire.
Je ne mentionnerais ici que les éléments, dont je pense qu’ils ne sont pas assez pris en compte.

Le succès scolaire dépend d’un ensemble : Le corps, les émotions, le cerveau. C’est ce dernier auquel j’apporterai mon attention spécifique.

Le cerveau est une masse maniable, transformable, influençable. Ce qui est en soi une chose aussi bien négative que positive. Tout dépend de ce qu’on en fait.

Il est vrai que depuis toujours l’on manipulait le cerveau des jeunes et des adultes. Cela nous a valu des guerres, des misères, parfois du bonheur.
Aujourd’hui cependant, le cerveau est devenu un champ de bataille continue d’une ampleur jamais vue grâce aux techniques et leurs possibilités. Leur omniprésence, leur instantanéité, cette intensité forcent un chacun à en subir les effets à tout moment. Une immense partie de notre vie personnelle, de notre économie en est conditionnée et repose sur l’utilisation et la fabrication de ces techniques. Nos jeunes, notre système scolaire en essuient les conséquences.

Portable, ordinateur, radio, télévision, jeux vidéo, publicités, compétitions acérée, circulation, bruits de circulation, codes de circulation, surveillance continue, règlementations, conflits, etc. remplisse le quotidien de nos jeunes.
Ce qui rend tous ces éléments fort nocifs, c’est « l’émotionnalisation » ajoutée. Presque tous les événements seront enrobés d’éléments agressifs : plus vite que vite, plus fort que fort, plus grand que grand. Que des superlatifs superlatifs.
Ainsi, une information sera accompagnée d’une musique excitante, elle sera présentée comme énorme, cruelle, dangereuse, … même si elle est banale, pourvu que l’émotion prime. La télévision se survolte pour attirer le publique. Crimes, actions (lire en anglais s.v.p….) , ‘jeux’ humiliants, bête à l’infini, etc. Notons, en passant, que les Français, dès le plus jeune âge sont de très grands consommateurs de télévision. Pour les tous petits les dégâts peuvent être énormes. Jusqu’à 5 voire 7 ans, le cerveau d’un enfant prendra pour réalité ce qui n’est que fiction. De plus, la vitesse des dialogues dépasse les performances du jeune cerveau à bien intégrer lettres et paroles, un langage mal structuré peut en résulter. Il est, en outre, scientifiquement prouvé que les violences vues et émotionnellement vécues créent des réseaux neuronaux qui peuvent servir à des actes violents. 
Voir ci-dessous:

Guillaume Fraissard / Daniel Psenny: « Une télévision omniprésente » Le Monde, Mercredi 11 janvier 2006
>>> A mettre en rapport avec:

  • 1. le chapitre 4 «Le rôle des émotions», sous-chapitre «Télévision et imagination» de Hannaford, Carla, dans «La gymnastique des neurones/Le cerveau et l’apprentissage», page 90.
  • 2. la Chronique Ecologie: « La télévision, c’est violent » Article de Hervé Kempf, paru dans Le Monde, l’édition du 24.05.09.
  • 3. le chapitre 19 «Gewalt im Fernsehen lernen» [Apprendre la violence à la Télévision] de Manfred Spitzer, «Lernen» [Apprendre], etc.)

A exposer un enfant dès le plus jeune âge à la télévision, aux jeux vidéo, freine le développement de son cerveau et le risque qu’il devienne hyperactif augmente significativement ! Surtout les garçons sont en danger vu leur consommation massive de télévision, de jeux vidéo. Et même s’il y a des exceptions, la tendance est indubitable.

Cela vaut aussi pour les jeux vidéo. Un cerveau ayant connecté des « autoroutes » de réseaux neuronaux de solutions violentes à des difficultés aura tendance à prendre cette autoroute lorsqu’il s’agira de « résoudre » une difficulté, même banale ! (Surtout quand le facteur « émotion » est activé). Et ne s’évertuera pas à prendre le sentier développé par quelques bonnes paroles venant (peut-être) des lobes frontaux ! Un jeu Nitendo devra exciter, il faudra vaincre, anéantir, tuer, … pourvu que le jeune/l’adulte développe une envie irrésistible à acheter de nouveaux jeux. Les téléphones portables remplacent que trop souvent la communication directe, vécue. En plus, ils occupent le temps utile à l’activité nécessaire et surtout, ils vous forcent à être sans arrêt joignable, vous donnent une sournoise angoisse de pouvoir rater quelque chose si vous ne l’étiez pas. Il y aurait encore beaucoup d’exemples à citer.

Le premier point décisif de ces exemples est le fait que cette constante « émotionnalisation » met le cerveau en alerte constante. Les modes de son fonctionnement seront « fuite » ou « combat ». (D’ailleurs un phénomène qui se retrouve au plus haut niveau de notre État…).

Et ce seront les modes « fuite » ou « combat » qui gèreront le quotidien. Les facultés nécessaires à l’apprentissage se réduisent ainsi fortement. Une matière quelque peu exigeante sera très vite ennuyeuse, car peu ou pas « émotionnalisée » et l’élève prendra en général la « fuite ». Une instruction, un simple ordre buteront très vite au mode « combat » et la réaction sera refus, réplique ou, si le sujet n’ose combattre, il résultera une soumission mal vécue (« fuite » momentanée qui risque de se transformer en « combat »).

Le deuxième point décisif est le fait que se sont des adultes qui forgent ces réalités aliénantes. Ce sont des adultes qui gèrent d’immenses entreprises industrielles, de télévision, de radio, etc., ce sont des adultes qui y travaillent et développent les concepts et les produits. Ce sont des adultes qui bombardent constamment nos jeunes et moins jeunes par un nombre infini de produits et par leur mise en valeur excessive.**
Qui de nous, des hommes et femmes politiques, parents, enseignants oseraient freiner ces activités, cette frénésie enfermant les jeunes dans une excitation à en devenir accros, mentalement toxicomane?

Troisième point décisif consiste dans le fait que nos jeunes risquent de perdre, perdent, ont perdu des facultés importantes*** qui leur permettraient un apprentissage plus performent, plus agréable :

  • 1° Celle de porter en eux une profonde confiance en la vie
  • 2° Celle de (oser) découvrir par eux-mêmes
  • 3° Celle de ressentir l’énergie à agir et réagir de manière adaptée
  • 4° Celle de ressentir les émotions de son corps, de son âmes, de son esprit
  • 5° Celle de savoir jouer sans but précis de l’équilibre physique et mental
  • 6° Celle de jouir de son espace reconnu, de sa valeur personnelle
  • 7° Celle de savoir vivre l’empathie, de trouver la vie sensée, de développer une conscience universelle.

Attendre à ce que la politique, l’économie ou d’autres institutions agissent, ne fait que perdre du temps. Aidons directement les jeunes (et adultes).

A ces fins, il y a entre autres des concepts que je présente ici : (Voir les onglets « La Pédagogie Appliquée », etc.)

Voici donc quelques procédés – il y en a d’autres – qui ont fait leur preuve. Appliqués, ils aident les élèves – il s’agit d’eux ici – à retrouver leurs facultés à apprendre, à retrouver plaisir à apprendre, à voir leurs efforts récompensés.

Il y aurait encore beaucoup à présenter quant aux possibilités d’aider les élèves. Je me restreins ici à ces quelques remarques.

*Certes, après un crash d’avion il faudra chercher l’erreur, mais une fois celle-ci constaté, ce n’est plus que la bonne méthode, la bonne technique, la juste gestion qui primeront.
**Certes, il y a d’aucun qui diront,qu’ils n’ont qu’à pas l’acheter. Mais qui de nous n’est-il pas obligé à utiliser cette technique moderne ?
***Une recherche faite en Allemagne montre que depuis que Nitendo a lancé fin des années 80 son ‘gameboy’ et Sony en 1994 sa ‘playstation’ les performances scolaires des garçons surtout ont dramatiquement baissé ! 
Il en résulte un manque de jeunes adultes masculins performants qui inquiète !

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